vendredi 29 juillet 2011

Etape 3 : Trek dans la région de Cusco


Ce qu’il faut savoir, c’est que sur la Plaza de Armas il y a énormément de guides proposant des excursions à la journée ou des treks de trois-quatre jours. Il y a énormément d’agence  proposant ces services et tous à des tarifs très compétitifs.

Je voulais absolument faire  le trek traditionnel, mais malheureusement, il faut s’y prendre très tôt (3 à 6 mois à l’avance). Pas plus de 500 personnes par jours peuvent cheminer sur el Camino de los Inkas.
Ce trek  s’effectue dans la montagne et l’on peut observer de nombreuses ruines. J’ai rencontré une personne qui l’a effectué. Elle m’a dit qu’ils étaient un groupe de 13 personnes et qu’il y avait 19 porteurs plus un guide.
Pour ce genre  de trek mieux vaut payer un peu plus cher car la condition de travail des porteurs en dépend.

Voulant absolument effectuer l’ascension du Machu Picchu, j’ai donc décidé  de faire un autre trek de 4 jours et de 3 nuits : l’ « Inka Jungle Trail and Bikking to Machu Picchu »
Un guide, du nom de Cesar, vient vers moi et m’amène dans son agence pour me proposer  ce fameux trek. 4 jours de trek, 3 nuits en auberges, 3 desayunos (petit déjeuner), 3 almuerzos (déjeuner), 3 cenas (Dîner) et le retour sur Cuzco en train (jusqu’à Ollantaytambo) puis en bus (jusqu’à Cuzco).
Il me demande si je suis étudiante et là je n’ai pas de carte.

Un conseil : Faites-vous faire la carte ISIC (carte étudiante internationale). Elle permet d’obtenir des tarifs préférentiels.

Je lui explique ma situation, ce que je fais en ce moment et l’action que je vais effectuer en août à CIMA. De 450 soles, tarif étudiant je suis passée à 400 soles, en insistant un peu. Mes trois compagnons colombiens ont payé la même somme.

Il m’explique qu’il n’y a pas de porteur pour ce trek et que l’on n’a pas besoin  d’emmener énormément de chose si ce n’est un change et quelques affaires pour se laver (et bien sur dans mon cas, un appareil photo qui prend toute la place dans le sac à dos !)

Petites appréhensions :

La veille de mon départ, je rencontre trois français (un père et sa fille et un ami à eux), qui m’invitent à prendre un verre de vin après mon repas. Je leur ai parlé du trek que j’allais faire  et quand je leur ai annoncé le prix que j’ai payé ils ont vraiment été étonnés par le prix. 400 soles  (environ 100 euros) ce n’est pas très cher.
Durant la nuit je me suis demandé quelles allaient être les mauvaises surprises… Petite crise de Paranoïa, quand même !!!

Le lendemain el Señor Reloj despertador (le monsieur réveil) de mon hôtel vient me réveiller à 6h30.
J’avais rendez-vous à 7h30, personne n’arrive, j’attend un moment et demande à Yolanda si elle peut appeler l’agence pour moi. Elle m’explique au départ que le numéro n’existe pas, elle essaye sur le portable et personne ne répond. Je vous laisse imaginer à quel degré de Paranoïa j’étais à ce moment là, en me disant « non, c’est une blague ! »
J’ai attendu une demi heure environ, et après un coup de téléphone de l’agence pour m’expliquer qu’un guide allait venir. Yolanda me sourie et me dit « Quieres estar tranquila, amiga » et oui j’étais un peu plus tranquille après cela.

1er jour :

Nous étions 8 : 4 tchèques, 3 colombiens et une française.
Nous avons pris un mini bus et sommes passés par Chinchero, Urubamba, Ollantaytambo et Abra Malaga.
Nous sommes partis de Abra Malaga (4350m) pour descendre jusqu’à Santa Maria (1430m) en vélo, ou devrais-je dire en bicyclette péruvienne.
Là, j ai commencé par comprendre pourquoi 400 soles seulement.
Je ne peux pas trop décrire l’état des vélos si ce n’est qu’ils étaient un peu trop petits, un peu trop rouillés et un peu trop vieux.
Sincèrement, heureusement que c’était de la descente…
Nous partons avec casques et gilets  réfléchissants. 5 minutes après notre  guide a rencontré un problème avec son vélo, le camion balai le récupère et là plus de guide du tout pendant tout le trajet. Bon, nous ne  pouvions pas nous perdre il n’y avait qu’une seule route.

Un peu plus tard, mon pneu arrière est dégonflé « una espina », chambre à air percée, le camion balai me récupère et là mes deux compères réparent la chambre à air avec les moyens du bord, une vieille rustine usagée et c’est reparti !!!!
…Pour 5 minutes seulement, mon pneu est de nouveau dégonflé, ils décident donc d’utiliser la chambre à air encore valable du vélo du guide. Cette fois-ci c’est bon, plus de problème jusqu’à Santa Maria (1430m).
En bas, les trois colombiens m’attendent et m’expliquent que les freins d’un de leur vélo ont lâché. Finalement, je me suis dit que je n’étais pas si mal lotie que cela.

Situation loquace

Notre guide nous appelait « Chico, chicas » et j’avais plutôt l’impression que c’était lui le « chiquito ». Je lui demande son âge  (20 ans) je lui donne le mien et après cela il nous appelait par nos prénoms. Lorsque je lui ai demandé son  prénom, le 1er soir, il me  répond «  Guido » et là je n’ai pas compris. Dans ma tête, je pensais que « Guido » signifiait « guide ». J’ai alors demandé à mes compagnons de route pourquoi il ne voulait pas me donner son prénom et pourquoi il voulait que l’on appelle « guide » (peut être pour garder une certaine distance me disais-je dans ma tête). Les colombiens m’ont expliqué que Guido est son prénom et qu’un guide se dit « un guia ». Je me suis retrouvée un peu niaise  sur le moment, mais, après coup ce genre de situation est très drôle.


2ème jour :

Ce qui me rassure pour ce deuxième jour c’est que j’ai fait la révision des 100000kms et je suis sûre de l’état de mes pieds! (contrairement au vélo de la veille)
Aujourd’hui départ à 7h de Santa Maria (1430m) jusqu’à Santa Teresa (1900m), soit 28 kms et 8 heures de marche dans la montagne.
Quelques feuilles de coca  dans la bouche, l’appareil photo autour du cou est s’est parti… Doucement mais  sûrement !

1ère étape :
Avec mes trois compagnons colombiens, nous nous sommes arrêtés dans la montagne chez Jimjam, un indien Quechua, qui nous raconte plein d’histoire sur les croyances indiennes et sur les conquistadors. C’est assez touristique, tous les groupes passent par là pour rejoindre l’étape suivante mais ce n’est pas inintéressant pour autant.

Instant photographique 

J’ai demandé à Jimjam si je pouvais le prendre en photo contre photographie. Il accepte.
Voyant cela, une femme du village voisin me demande si je peux photographier sa fille pour avoir un souvenir. J’accepte sans problème et là, je la vois courir à une vitesse inimaginable et le sourire aux lèvres, (sans doute pour ne pas me faire attendre de trop).

Contradiction 

 Jimjam nous raccompagne pour nous expliquer le chemin afin de rejoindre l’étape suivante. (Car notre guide a du rattraper  les 4 tchèques qui se sont trompés de chemin).
Jimjam nous a expliqué que le chemin sur lequel nous marchions,  Che Guevarra  l’a empreinté.
Nous nous disons au revoir et plus tard Guido notre guide nous retrouve. Lui, nous explique que c’est impossible car ce chemin est ressent.
Du coup, je ne sais pas qui croire mais j’opte pour la première explication, plus fabuleuse à mon goût.
Nous nous arrêtons dans un petit coin de paradis pour manger et pour nous reposer (hamacs et compagnie), puis repartons.

Pharmacie de voyage 

L’après midi,  notre guide a été très malade (diarrhée, mal de tête), je lui donne du smecta et un doliprane 1000. Le soir il s’en va à la clinique la plus proche et nous continuons le chemin  jusqu’à Santa Teresa. Cela dit, il y avait énormément de touriste et de guide, nous ne pouvions pas nous perdre.
L’importance d’avoir une bonne pharmacie sur soi. A défaut de l’avoir utilisé pour moi elle a été nécessaire pour d’autre.

3ème jour :

Départ de Santa Teresa (1900m) à 7h30 jusqu’à Aguas Calientes (1990m), soit 20 km et 6 heures de marche.

Condition des guides au Pérou

Notre guide s’est bien reposé cette nuit et le smecta  s’est avéré utile. Le lendemain il s’est encore excusé.
Sur le chemin nous avons pas mal discuté sur la condition des guides, le salaire, les études à poursuivre.  C’est un travail assez dur physiquement et précaire.
 Notre guide gagne 200 soles pour une excursion de quatre jours avec 8 personnes payant en moyenne 400 soles. Je vous laisse faire les comptes. La part du gâteau  n’est pas très grosse.

4ème jour : « Poco a poco, vamos lejos », « Petit à petit, on va loin » Proverbe péruvien

 Départ d’Aguas Calientes (1990 m) à 5 heures du matin pour rejoindre le Machu Picchu (2430 m) avant le lever du soleil. Je ne pourrais pas vous dire combien de kilomètres  j’ai parcouru, ni combien de marche plus ou moins grande j’ai monté…. Je peux juste vous dire que se fut physiquement intense.
Nous partons le matin lampe frontale sur la tête et ojas de coca (feuille de coca) dans un coin de la bouche.
 Il pleut un tout petit peu, ne fait pas bien chaud et au bout de 5 marches la sueur ruissèle sur mon front, le souffle court  je monte les marches une à une. Mon sac à dos me paraissait terriblement lourd.

Las Ojas de Coca

Je peux maintenant dire que les feuilles de coca ont réellement un effet bénéfique. Bien sûr, ce n’est pas aussi flagrant que la potion du Druide Panoramix. Mais lorsque j’en prenais, je ne me disais pas «  c’est facile ou difficile », je marchais sans me poser de question, automatiquement sans me décourager et sans en avoir marre, comme si de toute façon c’était la seule et unique chose à faire. Les quelques fois où  j’ai marché sans en prendre, j’ai trouvé la marche plus difficile et ne pensais qu’à l’effort et à la difficulté sans trop  arriver à apprécier le reste.

Le trek : une expérience unique

L’ascension du Machu Picchu est le symbole de cette aventure péruvienne. J’ai vraiment eu la même sensation tout au long de cette année. Certains moments où les démarches entreprises stagnaient et à d’autres moments où mes demandes aboutissaient (ce qui m’a donné énormément d’énergie pour continuer). La sensation à l’arrivée est tellement forte, se dire que l’on a réussi à se dépasser. Cela reste une expérience parmi tant d’autres et  il n’y a rien d’exceptionnel, les incas l’ont cheminé bien avant nous mais c’est réellement enrichissant.
C’est pour cela qu’une fois en haut nous avons effectué l’ascension de la Montana del Machu Picchu de la même altitude que Waynapicchu (2700m).
Des marches des marches et encore des marches mais cela en valait la peine…une vue sans pareil !!!!

2 commentaires:

  1. Just incredible, tu l'as bien mérité ce moment magique!!!

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  2. Waouh tu l'as fait! Bravo ma Momo!
    Nana

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